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Installation réalisée en octobre 2011 à Ploudalmézeau

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Sept villages bretons en marche vers le 100 % énergies renouvelables

Démarche rarissime en France, sept villages bretons ont décidé de passer à un plan « territoire 100 % énergies renouvelables et locales » d’ici 2030. Une initiative lancée par la communauté de communes du Mené, dans les Côtes-d’Armor.

Avec 6.500 habitants sur 165 km² de territoire, la communauté de communes du Mené, dans les Côtes-d’Armor, est essentiellement habitée par des agriculteurs et des employés d’un abattoir industriel. Au début des années 2000 naît l’idée de développer une filière fondée sur les énergies renouvelables. Une charte est née en juin pour fédérer les démarches initiéee sur l’ensemble de ce territoire. Une idée folle.

« Très tôt, on a pris conscience que si on voulait continuer à vivre dans ce territoire rural, il fallait se prendre en main tout seuls », explique Jacky Aignel, vice-président énergie de la communauté de communes du Mené (Côtes-d’Armor), primée pôle d’excellence rurale en 2010. « Plus de 20 % de la consommation d’énergie de la communauté devrait être produite sur le territoire par des énergies renouvelables dès 2013″, assure aujourd’hui Jacky Aignel. L’initiative est partie des réflexions d’agriculteurs s’inquiétant de leur impact environnemental et d’élus soucieux du développement économique local.

Selon Jacky Daniel, « la démarche est vitale, selon lui, pour maintenir l’activité agricole, sensible aux prix du pétrole, et diversifier le tissu économique et social de ce micro-territoire ». Dès 2005, les projets fleurissent pour diversifier le bouquet énergétique. « A l’époque, on nous prenait pour des barjots », se souvient Laurent Gaudicheau, directeur de la communauté de communes.

Se préparer à l’après-pétrole
Une huilerie de colza-carburant, Menergol, ouvre le bal en 2007 à Saint-Gouéno : pressées à froid, les graines de colza donnent une huile pouvant alimenter les moteurs diesel de tracteurs, ainsi que des tourteaux pour le bétail. « Ceux-ci sont utilisés localement par des éleveurs de vaches laitières, qui n’ont plus besoin d’importer des tourteaux de soja du Brésil », se félicite Laurent Gaudicheau. « Il est plus intéressant de vendre cette huile pour acheter du fioul mais, pour autant, si le pétrole continue à flamber, notre outil sera prêt… », assure-t-il.

Résoudre un problème environnemental
Dans deux autres communes, des chaufferies consommant du bois local alimentent les réseaux de chaleur de 4.500 m² de bâtiments publics et privés. Le système, qui permet de remplacer plus de 300 tonnes de fioul, sera généralisé à l’ensemble de la communauté de communes. Au bois provenant des forêts, les chaufferies vont ajouter, à hauteur de 20 %, le bois issu d’une plantation de saules de 15 hectares, irrigués par l’eau rejetée par la toute nouvelle usine de méthanisation Géotexia, inaugurée en juin.

« C’est la boucle vertueuse », se félicite Dominique Rocaboy, agriculteur et président de la structure. Initiée par une trentaine d’éleveurs porcins, l’usine produira 13.800 mégawatts d’électricité par an à partir de 75.000 tonnes de déchets, lisier et boues issues de la filière agroalimentaire. « D’un problème environnemental, on peut arriver à faire une économie basée sur la filière énergétique durable », analyse Laurent Gaudicheau.

Inauguration d’une pépinière d’entreprises
Les éleveurs porcins, eux, se sont engagés à ne pas augmenter leur cheptel. Toujours dans le même élan, la communauté de communes du Mené vient d’inaugurer une pépinière d’entreprises dédiées aux énergies renouvelables. On y travaille aussi sur un projet participatif de parcs éoliens d’une puissance totale de 25 mégawatts et un ensemble de 35 nouveaux logements ne générant pas de dépenses d’énergie pour les habitants.

Article paru dans Le Télégramme du 22 juillet 2011

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